Everyone has bodies, right? It’s nothing to be ashamed of.

Aujourd’hui j’aimerais qu’on parle d’un sujet plus ou moins tabou, à savoir la sexualité. C’est un sujet que j’ai moi-même toujours eu énormément de mal à aborder, déjà parce que je suis de nature très pudique, ensuite parce qu’il est encore assez difficile de le faire sans jugement, qu’il vienne de l’intérieur comme de l’extérieur.

Quand j’étais pré-ado, ma mère avait cru bon de me faire un bout d’éducation sexuelle en m’achetant Le Guide du Zizi Sexuel avec Titeuf. Et de le lire avec moi, pour me montrer que c’était ludique et rigolo !!!! Sauf que ça ne l’a pas été du tout !!!! Non, plus sérieusement, au-delà de la gêne d’aborder ça avec ma mère – encore une fois je suis très très pudique – le livre en question réduisait la sexualité, en gros, à monsieur qui introduit son pénis dans madame. Je me souviens que sur une double page il y avait même leurs deux corps dessinés nus avec un trou au niveau des parties intimes, et on nous invitait à mettre son doigt à travers le trou de l’homme pour le faire rentrer… dans… celui de madame………

Ecoutez, c’était réducteur comme pas possible, borderline traumatisant pour moi à faire, et vraiment vraiment vraiment pas attractif. Ce livre était une catastrophe, et même s’il s’avère qu’apparemment sa nouvelle édition (et réécriture !) en 2020 est bien mieux fichue, j’avoue penser qu’il vaut mieux laisser les jeunes feuilleter l’ouvrage et se l’approprier en solo, avec la possibilité de poser des questions par la suite s’iels le désirent. Mais ouais… ne restez pas à côtés svp, moi ça m’a bloquée de fou. Encore une fois : je t’aime maman et tu as fait de ton mieux mais…. ouais. Pas à refaire, même avec la réédition du bouquin.

En tout cas !! J’ai grandi, et j’ai commencé à regarder des séries un peu plus adultes car j’étais ce qu’on appelle « une jeune adulte ». Du coup mon éducation sexuelle s’est faite avec le temps sur des séries comme Skins, Gossip Girl,… J’avais même essayé Sex and the City et Girls, mais ça me paraissait soudainement trop cru ? alors j’ai pas continué. Tout le monde au collège et lycée paraissait super au fait des choses et moi non, et ça a renforcé tout le tabou sur la question. Et puis ça parlait de pornographie à tout va, comme si c’était l’enseignementTM à suivre, et bien sûr que j’ai du aller chercher en cachette et voir ce que c’était et… ew. Ew ew ew. J’ai vu des choses moches, où les actrices avaient l’air de toujours être en souffrance et généralement leur plaisir à elles n’étaient visiblement pas ?? le but ?? Bref, j’ai essayé de comprendre le délire autour de cette pornographie là et… ouais, non, j’ai vite mis tout ça à la poubelle.

En fait, avec le temps j’ai réalisé qu’on était peut-être finalement beaucoup voire énormément à ne pas vraiment savoir de quoi on parlait – alors j’ai fait comme les autres, j’ai appris à prétendre m’y connaitre et surtout à éluder les questions. Et puis j’ai choisi d’écouter surtout mes amies et leurs expériences, et j’ai été témoin de cette manière de choses plutôt ok, et d’autres très tristes voire même désastreuses pour elles. J’ai encore plus retardé mes propres expériences, du coup, effrayée par ces potentiels traumas, et donc mes propres apprentissages ont été stoppés net. « C’est pas pour moi », je me suis dit, encore, et j’ai vécu ma vie de la sorte pendant longtemps.

Je vous raconte tout ça non pas pour sortir les violons et pleurnicher sur ces ratages complets; mais pour souligner à l’époque le manque véritable d’accompagnement en la matière. Car ce qui m’a sauvé la mise, c’est de trouver en grandissant des amies très proches avec qui échanger sur ces questions intimes et se rassurer. Et puis tout du long, je n’ai eu aucune raison de ressentir un manque pour quelque chose que je n’avais jamais expérimenté Malgré tout, la curiosité demeure et les questions continuent de chercher des réponses.

C’est pour ça que mon autre chance, c’est d’avoir eu internet sous la main, et des réseaux sociaux sur lesquels j’ai pu trouver des personnes qui sensibilisaient suffisamment sur des questions que l’on n’aborde jamais. Et de cette manière, j’en apprend encore tous les jours. Dernier exemple en date : le pH acide de nos parties intimes qui teinte nos culottes avec le temps, c’est un processus qui n’est pas honteux car totalement naturel. Mais qui pour nous le dire ? Ca ne figure pas au programme des cours de SVT. Et jusqu’à ce que je tombe sur un tweet là-dessus, j’avais honte de ces petites taches et peur que quiconque puisse les remarquer. Et là, je ne parle que d’un sujet qui concerne mon propre corps, alors imaginez quand un autre corps est involved ! L’ignorance dans laquelle on nous a fait macérer me semble tous les jours un peu plus ridicule, c’est fou.

Alors cet article, aujourd’hui, je le partage pour vous parler des choses qui changent, des ressources accessibles sur le sujet et vraiment aussi rassurantes qu’intéressantes pour toutes et tous. Des ressources que j’aurais adoré avoir sous la main à l’adolescence, au début de ma vingtaine même, et que je vais encore garder sous le coude pendant un petit temps.

Here comes the list:

  • En premier lieu, il y a une série que j’aime d’un amour vraiment profond, parce que ça a été une révélation pour moi : Sex Education, sur Netflix. Il y a à ce jour 3 saisons disponibles sur la plateforme. Comme son nom l’indique Sex Education fait de l’éducation sexuelle pour son audience à travers un panel très divers de personnages, constitué principalement par un groupe de lycéens et par les adultes qui les entourent (parents, professeurs, etc). C’est aussi drôle que touchant, léger comme sérieux. On aborde à travers les personnages une pluralité d’expériences et les réponses données à chaque fois sont valides et logiques et franchement ? ça aide, je vous jure. Enfin pour moi en tout cas. C’était comme retrouver Skins, mais sans la partie trash /ET/ avec les réponses que l’on espérait trouver. Et puis, qui n’a jamais rêvé avoir Gillian Anderson (celle qui fait Scully dans X-Files) en maman sexologue ? En tout cas, Netflix l’a fait, et c’est formidable.
  • Dans l’aspect un peu moins fictif de la chose, j’ai découvert très récemment une autre pépite en la matière sur Netflix – désolée pour ça mais comme je paye l’abonnement tous les mois, il faut bien que je rentabilise après tout. Il s’agit d’un mini documentaire en trois épisodes nommé Les Principes du Plaisir, qui explore de manière plus scientifique le plaisir intime et sexuel, principalement féminin car trop longtemps ignoré, à travers les explications de plusieurs sexologues et des témoignages de personnes de genres et d’attirances diverses et variées. C’est donc très bien documenté, drôle, et inclusif – d’ailleurs, dès le premier épisode, le spectre asexuel est mentionné et ça, ça n’arrive que très rarement aussi, just sayin’. Je pense que ça vaut vraaaaiment le détour, peu importe son identité et son orientation, parce qu’encore une fois, on a tellement à apprendre et même à découvrir sur soi comme sur les autres. Les Principes du Plaisir, c’est donc sur Netflix, c’est pas très safe for work, mais c’est à regarder tout de même, voire même à écouter comme un podcast si vous le souhaitez. Mais les petites animations dans les épisodes sont agréables comme tout donc bon, en journée ou en soirée, posé.e tranquillou chez soi, pourquoi pas ?
  • Enfin, deux chaînes YouTube que je recommande vivement pour satisfaire toute curiosité et passer un bon moment ludique dans la foulée : d’abord celle créée par Ben Névert. Dans sa série Entre Mecs, chaque vidéo aborde une question piochée au hasard, souvent portée sur un sujet intime et personnel, et les intervenants autour de la table sont invités à partager expériences, ressentis et solutions trouvées à ce sujet. Entre Mecs, je ne crois pas être la cible de base et pourtant, ça m’a toujours fait super plaisir d’abord de voir des hommes s’autoriser un peu de vulnérabilité, mais aussi d’apprendre d’eux, puisque je n’ai clairement pas le même vécu.

Entre Mecs, ça a plus tard donné lieu à Entre Potes, qui cette fois a ouvert ces conversations à un panel plus mixtes d’intervenant.es et donc… de témoignages féminins dans la foulée. Tout cela donc sur la chaîne de Ben Névert, sur Youtube, et c’est gratuit.

Et puis je vous conseille vivement la chaîne d’Anthony Padilla. C’est en anglais, sans sous-titres français pour le moment, malheureusement, mais vraiment très très chouette. Ce que fait Anthony Padilla, c’est qu’il va consacrer chaque vidéo à un groupe de personnes très précis et les interviewer pour véritablement leur donner la parole et donc l’occasion de se définir eux-mêmes. Ainsi, on va trouver sur sa chaine, entre autres, une vidéo consacrée à la pansexualité, une autre à la bisexualité, une encore à l’asexualité également. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est l’empathie qu’il a pour ses intervenant.es, et sa volonté de vraiment /comprendre/ les personnes qu’il interview. Il ne se consacre pas entièrement au sexe, il a fait d’interview d’autres personnes, mais en tout cas, je pense que certaines de ses vidéos valent la peine d’être vues, et encore une fois : on passe généralement un bon moment.

Voilà pour cette fois, je pourrais m’étendre encore longtemps, voire, qui sait, faire un jour une deuxième partie à cet épisode ? Il y a tellement à discuter, comme notamment les pratiques BDSM dont je n’ai pas du tout parlé là mais sur lesquelles il y aurait à redire, rien qu’à voir les livres, séries, films sur la chose… ou encore la pornographie, car j’ai découvert il y a quelques années, via un ami, qu’émergeait de plus en plus dans cette industrie un mouvement féministe plus inclusif et moins hétéro-centré (pour dire les termes). Plusieurs comptes instagram aussi se mettent à faire de l’éducation sexuelle aussi en postant des conseils sur la première fois, sur les règles, l’effet des hormones et même de l’impact de notre santé mentale sur tout ça. Bref, à vous aussi de farfouiller un peu le web si cela titille votre curiosité, pour trouver des petites sources d’info ludiques et loin du tabou ordinaire.

En attendant, j’espère que ma petite sélection vous a plu et vous aidera peut-être un peu. J’aimerais ajouter, en arrivant au bout de ce moment passé ensemble, que pour toute question qui vous trotte en tête, il est important d’avoir quelqu’un de confiance vers qui se tourner. A savoir qu’à défaut d’avoir une famille ou des ami.es pour vous renseigner correctement, les médecins généralistes peuvent aider, tout comme les sages femmes, qui coûtent moins cher que les gynécologues, et de ma propre expérience, se sont révélées à l’écoute et très rassurantes. Et si vous n’avez pas de nom en tête… sachez que le bouche à oreilles, notamment sur twitter, marche vraiment bien.

Je vous souhaite un beau début de printemps, prenez soin de vous, et on se retrouve bientôt, je l’espère !

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