Sokcho // The Sweet Escape

Parce qu’on commençait à étouffer à Séoul, tant à cause de la pollution qu’à cause de la pression universitaire, mes trois roommates m’ont proposé de partir le temps d’un week-end nous changer les idées à Sokcho, une jolie ville sur le bord de la côte est du pays qui se situe à quelques kilomètres de la Corée du Nord. L’occasion d’explorer de nouveaux horizons et de nous éloigner un peu de la capitale.

Tout comme c’est le cas pour plein d’autres villes, on peut simplement prendre un bus à l’une des gares de Séoul pour se rendre à Sokcho. Puisque le nôtre partait très tôt (le réveil à 5h du matin a légèrement picoté), on s’est dit qu’il valait mieux être prudentes et choisir la formule « premium », histoire d’être sûres de dormir confortablement durant le trajet.

On a bien fait, pour le coup, parce que ça nous a permis d’être dans un bus spacieux, avec des fauteuils moelleux et une télé qui diffusait des épisodes de Running Man (qui est la meilleure émission sud-coréenne, si si). Par contre il a fallu y mettre le prix. Il faut dire que 30,000won l’aller-retour, c’est largement au-dessus de ce que coûte le voyage dans un bus normal…

On est arrivées à Sokcho un peu plus de 2h après notre départ. Ce qui est bien, c’est qu’en arrivant aussi tôt, ça nous laissait réellement tout le week-end pour profiter de la ville et de ses alentours. Alors dès qu’on a pu déposer nos affaires à l’auberge, on a pris un taxi puis un bus direction les montagnes, histoire d’aller faire un peu de grimpette. Comme il était bientôt midi, on a mangé nos petits sandwichs sur la route.

Après avoir payé les 3,000won pour entrer dans le parc, on a traversé une grande allée dont les côtés sont bordés par plein de restaurants plus ou moins grands (y’a même un Lotteria pour les accro aux hamburgers eh oui) encadrés par quelques arbres de la forêt. Et ce n’est qu’ensuite qu’on arrive réellement dans l’immense parc Seoraksan. A partir de là, il faut faire le choix du parcours que l’on souhaite emprunter parmi les trois possibles: celui qui mène au point le plus haut, un autre qui mène aux grottes et le troisième qui mène à une cascade. Comme on avait tout l’après-midi devant nous, on s’est lancée sur la route la plus longue, avec l’idée de faire une deuxième route ensuite si on avait le temps (et l’énergie).

La grimpette ne commence pas tout de suite. Avant ça, il faut bien marcher trois quarts d’heure à travers le parc, croiser sur le chemin une immense statue de Bouddha devant laquelle plusieurs personnes se recueillent, mais aussi un peu plus loin des maisons traditionnelles dans lesquelles ont peut acheter à boire et plusieurs petits temples.

Petit à petit, par contre, on voit apparaitre des marches d’escalier tandis qu’on s’enfonce un peu plus dans la forêt. La pente commence à se former et bientôt les escaliers se transforment en grosses pierres à grimper. Et ça devient bien entendu de plus en plus ardu et franchement un peu flippant au fil des (kilo)mètres, jusqu’à ce qu’une sorte d’alternance se crée: lorsque le sol devient vraiment trop peu praticable, des escaliers en ferraille prennent la relève des gros cailloux. C’est plus stable, ça repose les chevilles et les genoux, mais toujours pas les mollets.

Au bout d’une bonne heure et demi, notre petit groupe a réussi à atteindre un spot suffisamment haut pour pouvoir réellement apprécier la vue offerte par nos longues minutes d’effort en plein soleil. On a donc pu prendre quelques photos, nous reposer un petit peu et reprendre notre souffle. Car la montée n’était pas finie, on était probablement qu’à la moitié du chemin, malgré la hauteur déjà impressionnante à laquelle on était. Je crois que c’était important aussi pour nous de nous arrêter un peu, parce qu’à ce stade-là, la motivation de continuer s’était légèrement envolée…

Finalement, on est reparties. Lorsqu’on est arrivées au pied de LA dernière montagne à escalader, j’ai… abandonné. Alors à ma décharge, j’ai toujours dit que dans un film d’horreur, je serais la première à partir. Bon, j’ai aussi toujours promis à ma mère de ne pas faire de trucs trop dangereux. Là, le soucis, c’est que le seul moyen de monter tout en haut chatouiller les nuages, c’était de grimper des escaliers à l’allure peu stable, peu rassurante, cette fois au-dessus du vide et malgré tout, croire en la solidité du matériel. Aucune autre sécurité que ces escaliers, la rambarde et quelques réflexes de survie. Alors j’avoue, j’ai pensé à mes chats qui m’attendent à Paris et j’ai paniqué.

Je tiens quand même à préciser que j’ai essayé de donner la chance à ces escaliers de me rassurer, j’ai grimpé une vingtaine de marches avant de changer d’avis et dire à mes amies que c’était la fin pour moi. J’avais les genoux en compote, et étais franchement paralysée par la peur du vide. Du coup, j’ai décidé de rebrousser chemin et d’aller attendre les filles près d’un temple qu’on avait croisé sur la route, près duquel plusieurs personnes se reposaient. J’y ai fait une petite sieste, et j’ai bouquiné un petit peu (tips: toujours avoir un livre avec soi, toujours).

Au bout d’une petite heure, j’ai retrouvé les filles épuisées mais satisfaites. Elles m’ont d’ailleurs confirmé que j’avais bien fait de ne pas venir si j’étais sensible au vide, car niveau sentiment de sécurité, ce n’était pas vraiment ça une fois au top. On a fini de faire le chemin du retour ensemble et on en a profité pour visiter rapidement le village traditionnel en contrebas.

En vérité, je pourrais parler de ce parc très longtemps, ne serait-ce que pour l’impression d’être vraiment en immersion totale dans la nature. Comme les installations sont minimalistes, parfois à nos risques et périls, on se retrouve finalement très libre.

Sur le chemin, deux femmes ont choisi de franchir les barrières pour s’installer près du ruisseau.
Si j’habitais à Sokcho, je ferais sûrement pareil tous les week-ends, tant l’atmosphère y est agréable et relaxante.

Une fois revenues au point de départ, la question s’est posée de faire un second parcours ou non. Dans notre team de roommates, deux ont courageusement décidé de partir voir les grottes, et T. et moi avons préféré rentrer en ville pour voir le coucher du soleil près du lac, ce qui a priori s’annonçait bien plus reposant. On a donc pris le bus à deux direction le centre de Sokcho.

Là, je ne vais pas vous mentir, on s’est un petit peu perdues, mais on a tout de même réussi à trouver le lac en suivant les cris des mouettes ! On s’est alors installées près du ponton auquel quelques bateaux étaient attachés, histoire de profiter de l’air marin et du paysage. Et c’est là qu’on a remarqué la tour de la ville, et qu’on s’est décidée à aller voir s’il était possible de monter tout en haut.

Bingo! C’était payant, mais pas très cher, alors sans hésiter plus longtemps on a pris nos tickets puis on est montée dans l’ascenseur. Et de là haut, on a pu observer la fin du coucher de soleil dans les montagnes, la ville et le lac tout en sirotant un thé chaud au gingembre acheté au petit café du dernier étage. Une fois le soleil couché, T. et moi avons appelé un taxi pour rentrer vers notre auberge.

Sincerely,
Iris.

 

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